L'échine du diable

Soumis par Mediatheque_d_A... le Mer, 30/09/2009 - 12:40

 

L'échine du diable

Réalisateur : Guillermo Del Toro

Titre : L'échine du diable

Genre : Film

Date : 2001

Editeur : Mars distribution

 


Résumé :

En Espagne, durant la guerre civile, le jeune Carlos, un garçon de douze ans dont le père est mort au combat, débarque à Santa Lucia, un établissement catholique pour orphelins. Celui-ci, dirigé par l'autoritaire Carmen (magnifique Marisa Paredes) et le professeur Casarès (Frederico Luppi), a en effet pour mission d'accueillir les orphelins des militants anti-franquistes. Carlos est aussitôt impressionné par l'atmosphère de ce lieu dont les murs semblent recéler de terribles secrets. Il se retrouve immédiatement confronté à l'hostilité de ses petits camarades et de l'homme à tout faire dénommé Jacinto (Eduardo Noriega). Mais ce n'est rien comparé au fantôme qui lui apparaît chaque nuit pour l'avertir que "beaucoup d'entre eux vont mourir". Rapidement, les phénomènes étranges se multiplient... et le petit orphelin découvre très vite que ce spectre qui hante les sous-sols de l'orphelinat n'est autre que celui de Santi, un ancien pensionnaire de Santa Lucia, disparu dans de mystérieuses circonstances.

Notre avis :

Pour saisir tout l'inhumanité de cet orphelinat catholique perdu au milieu de nulle part au sein duquel est abandonné le jeune et innocent Carlos, il faut avoir lu Paracuellos de Carlos Giménez dont semble s'être inspiré Guillermo del Toro dans son film (la reprise du prénom du dessinateur comme personnage principal du film ainsi que de nombreux clins d'œil à la BD sont frappants). Un lieu froid, sordide, au personnel sadique et brutal, où les enfants croupissent, affamés de nourriture et d'amour, perdus, laissés dans  un tel dénuement que le moindre objet, si insignifiant soit-il, devient richesse incommensurable : un clou, une bague de cigare ou... un illustré.

Que ce soit dans la bande dessinée comme dans le film, les enfants sont criants de vérité, terriblement touchants dans leur infinie fragilité face à la froide brutalité des adultes et du monde. Ainsi, au-delà des événements surnaturels du film que sont les apparitions du fantôme de Santi, un peu caricaturales mais extrêmement efficaces, le réalisateur dresse, dans une atmosphère à la fois poétique et terrifiante, une peinture sans concession d'une Espagne en guerre qui a abandonné ses enfants dans des établissements indignes, où ces derniers, tout comme Carlos Giménez, ont perdu leur enfance et en sont ressortis à jamais meurtris. Quoi qu'il en soit, entre amour, terreur, surnaturel et cupidité, L'échine du diable ne laisse aucun répit au spectateur captivé, littéralement. Des acteurs impeccables. Un film bouleversant et terrifiant.

Audrey, section adulte.

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