Résumé :
Dans une cité d'Alger, au début des années 1990, l'eau est distribuée deux fois par semaine, de trois heures à six heures du matin. Pendant ce temps où l'eau s'écoule, où la vie reprend, Zakaria, célèbre journaliste, observe de son balcon les faits et gestes de ses concitoyens et les consigne sur des fiches.
Notre avis :
Né en Kabylie en 1950, Mohand Fellag nous plonge dans l’histoire sanglante de l’Algérie des années 90, alors baignée de violence et d’intolérance. Zakaria, journaliste de talent qui s’est un temps fourvoyé en devenant écrivain officiel, cherche à retrouver sa verve d’antan, étouffée par le pouvoir dont il vient de s’affranchir. Ainsi cherche-t-il à renouer avec lui-même et écrire le grand roman de sa vie. Pour cela, il puise matière dans le coeur même de son pays. Il observe, scrute, écoute, épie et retranscrit du haut de son balcon, le quotidien d’un peuple haut en couleur, obligé d'avoir recours au système D pour continuer à vivre. Avec simplicité et authenticité, le narrateur décrit une palette de personnages et de situations qui, mieux que tout, parviennent à peindre une Algérie plus complexe qu’il n’y paraît, ainsi qu’un peuple terrifié, mais riche de cette aptitude salvatrice à transformer les pleurs en rires, à faire renaître la vie de la mort, en toutes circonstances. Un livre tout en sensibilité, écrit par un fin humoriste.
Audrey, section adulte
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