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SUICIDE (Alan Vega & Martin Rev)

 

Suicide

En 1977, alors que disparaissent Elvis Presley (1935-1977) et Marc Bolan (1947-1977), la déferlante Punk, initiée par le Velvet Underground, les Stooges et les New York Dolls aux Etats-Unis, monte les potentiomètres dans le rouge et enflamme le Vieux Continent.

 

Perturbation maximale avec l'apparition chez les disquaires du premier album éponyme du duo new-yorkais, SUICIDE, sorti le 28 décembre 1977.

 

Formation indispensable à l'édifice Punk - rappelons qu’ils sont les premiers à associer l’adjectif à une performance musicale - le « duo primal » comme il se fait appeler alors est, et restera, composé d’Alan Vega au chant et de Martin Rev aux claviers jusqu’en 2016, année du décès d’Alan Vega, alors âgé de 78 ans.

 

Alan Vega (Boruch Alan Bermowitz de son vrai nom) est avant tout plasticien. Né en 1938 à Brooklyn, il étudie dans les années 1960 au Brooklyn College sous la direction du peintre Ad Reinhardt (1913-1967). Initié à l'Art conceptuel et à la littérature Beat, il favorise les matériaux de récupération pour construire ses oeuvres faites d'icônes et de néons (une rétrospective de son œuvre plastique a eu lieu au Musée d’Art Contemporain de Lyon du 15 mai au 02 août 2009).

 

The Second album + the first rehearsal tapes

En 1969, il participe à la création d'un lieu de résidence d'artistes appelé The Project of Living Artists (« Projet d'Artistes Vivants ») où se côtoient les jeunes artistes indépendants new-yorkais.

 

C'est là qu'il rencontre le claviériste Martin Rev (Martin Reverby de son vrai nom, né en 1947 dans le Bronx) avec qui il donne une première performance du groupe alors trio, au OK Harris, appelée Punk Music by SUICIDE en 1970.

 

Parfois accompagné de Mari, la compagne de Martin Rev, à la batterie, SUICIDE se produit dans les galeries d'art avant de devenir le duo que l'on connaît à partir de 1975 (The First Rehearsal Tapes enregistré au Museum of Living Arts) et d'être programmés dans les deux clubs les plus fréquentés de New York, le CBGB's et le Max's Kansas City.

 

Lancé comme un pavé dans la mare fin 1977 par le label Red Star (première signature et première sortie discographique de Marty Thau, ex-manager des New York Dolls) Suicide intrigue autant par sa pochette sanglante (les lettres SUICIDE dégoulinent noires et rouges sang sur fond blanc) que par son contenu musical minimaliste, jouissif et entêtant.

 

Telle une suite robotique et futuriste des défunts Stooges d'Iggy Pop, Suicide fascine par sa précieuse et méticuleuse autopsie des idées reçues de l'Amérique (Ghost Rider, Rocket USA repris presque dans le même temps par les Fleshtones, autre formation new-yorkaise, Frankie Teardrop qui terrorisa les foules à plusieurs reprises...).

 

Le Rock'n’Roll ainsi pendu par les pieds ne leur vaudra pas que des admirateurs. Autant incompris et rejetés que soutenus et aimés (Debbie Harry de Blondie, les Ramones, Jean-Michel Basquiat, Ric Ocasek, Bruce Springsteen… leur vouent une reconnaissance amicale et musicale), le duo s'avère imprévisible et agressif sur scène.

 

Loin de faire l'unanimité, leur son électronique minimaliste, leur démarche artistique avant-gardiste et leur position ouvertement frontale avec le public déroutent autant qu'ils captivent. S'affirmant comme dangereux, la réputation du duo n'est plus à faire quand il visite l'Europe en 1978 en première partie de Clash et d'Elvis Costello.

 

 

Vingt ans après, le label anglais, Mute, en collaboration avec Blast First, réédite leur premier LP (Long Play = 33 tours) en CD en le couplant avec deux témoignages du groupe sur scène (Live at CBGB’s 1977 et 23 minutes over Bruxelles).

 

En 1979, SUICIDE retourne en studio et remet le couvert avec un deuxième album Alan Vega/Martin Rev produit par Ric Ocasek (à l'époque chanteur des Cars) sorti en 1980. Largement plus ouatée, moins brutale et habilement produite, la musique de SUICIDE prend une tournure plus spatiale, plus lumineuse, telles les sculptures-néons du chanteur plasticien (Las Vegas Man, Shadazz, Super Subway Comedian,...).

Les notes synthétiques de Martin Rev rayonnent et éclairent la voix de crooner d'Alan Vega, donnant même le change au Sister Ray du Velvet Underground en Mr. Ray.

 

Sous la coupe de Ric Ocasek, le duo sous kryptonite invente un nouveau type de Rock'n’Roll aux accents électro-futuristes et aux sonorités obsédantes et riches (Touch Me, Dream Baby Dream). En prouvant que le Rock’n’Roll n’est pas seulement une affaire de guitares, Suicide ouvre la voie à une pléthore de formations européennes (Cabaret Voltaire et Soft Cell en Grande-Bretagne ou Kas Product en France, pour ne citer qu'eux).

Oeuvre chaleureuse et généreuse, celle-ci préfigure ainsi tout ce qui va suivre en matière de Synth-Pop.

 

Mêlant sons électroniques (à la Kraftwerk) et rockabilly (à la Elvis Presley ou aux Cramps), Alan Vega contorsionne le Rock'n’Roll et en fait son affaire dans ses premiers albums solos (« Alan Vega » en 1980, avec le tube Juke Box Baby, puis Collision Drive en 1981 suivi de Saturn Strip en 1983). Son rockabilly hypnotique reçoit un très bon accueil de la part du public français et il sera régulièrement invité à Paris.

 

 

L’histoire discographique du groupe continuera jusqu’en 2002 (A Way Of Life en 1988, Why Be Blue en 1992, Zero Hour en 1997 et American Supreme en 2002) entrecoupée d’albums solos pour Alan Vega comme pour Martin Rev. Ils continueront aussi à se produire régulièrement sur scène (en 2010 ils sont en première partie de la reformation des Stooges à Londres où ils jouent le premier album dans son intégralité).

 

En 2014, c’est Bruce Springsteen, fan de la première heure, qui leur rend hommage en reprenant Dream Baby Dream sur son album High Hopes. Puis Christophe, en 2016, sur Les Vestiges du Chaos signe un ultime duo avec Alan Vega : Tangerine.

 

 

Alan Vega | Wikiwand

Alan Vega, né le 23 juin 1938 à Brooklyn et mort le 16 juillet 2016 à New York , est un auteur-compositeur interprète de rock et chanteur du duo de musique électronique et protopunk Suicide, considéré comme un des précurseurs du punk rock.

 

 

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