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Il était une « grande dame brune »…

 

Dans l’une de ses chansons les plus connues, elle nous disait : « J’attendrai que ma joie revienne et que se meure le souvenir... ». Barbara s’est retirée de la scène il y a 20 ans, un 29 novembre 1997, et nombreux sont ceux qui ne veulent pas que son souvenir s’efface. L’oeuvre de Barbara est impressionnante, son répertoire immense, ainsi nous a-t-il semblé difficile, voire impossible, de parler de l’ensemble de ses chansons… Voyons plutôt comment artistes et institutions se proposent de lui rendre l’hommage qu’elle mérite.

 

 

Le clin d’oeil des musiciens à la musicienne Daphne - Treize Chansons de Barbara

 

Des albums dédiés à Barbara, il y en avait déjà eu quelques-uns et, en cette fin d’année, il y en aura plusieurs à venir. Parmi les plus anciens on peut citer ceux d’Angelina Wismes et de Daphné.

 

La chanteuse Angelina Wismes reprend les chansons de la « grande dame » sans forcément  en changer le rythme. Sa voix est légèrement plus grave que celle de Barbara et surtout moins « haute en couleur ». Mais on peut lui reconnaître une interprétation sincère et respectueuse ; certains arrangements musicaux, entre le jazz et la bossa nova, ajoutent une pointe d’originalité à cet album. Elle a su également glisser quelques titres moins connus, chose que l’on retrouve moins sur d’autres albums dédicaces.

 
Il y a sept ans, la chanteuse Daphné lui empruntait modestement treize de ses grandes chansons, le tout formant un bel ensemble. Sa voix, elle aussi relativement proche de celle de Barbara, met en lumière ses chansons en leur donnant un côté plus léger. Le petit plus de Daphné est qu’elle a su bien s’entourer : on notera quelques duos très réussis avec des voix masculines, tels ceux avec Benjamin Biolay, Jean-Louis Aubert et Dominique A.

 

Si on recherche plus d’originalité, on se tournera plutôt vers l’album de la chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani, Barbara Fairouz. Elle prête sa voix à deux divas que la mer méditerranée séparait, deux femmes qui ne se sont jamais rencontrées... Alors pourquoi les réunir sur un disque ? Parce qu’elles étaient toutes les deux des femmes mystérieuses, des femmes libres et anticonformistes, parce qu’aussi, de façon incroyable et malgré une langue différente, leurs chansons s’accordent bien ensemble, se font presque écho. Le passage d’une chanteuse à l’autre se fait en toute harmonie, sans qu’elles ne se ne fassent mutuellement de l’ombre .

 

 

 

Au tout début de l'année 2017, c'est cette fois à un acteur renommé et connu de tous, Gérard Depardieu, de lui rendre hommage. Rien d’étonnant à cela lorsque l’on connaît les liens d’amitié qui les réunissaient. Ensemble ils iront même jusqu’à créer un spectacle musical, Lily passion, en 1986. Du coup, dans cet album hommage intitulé Depardieu chante Barbara, c’est une voix masculine qui domine l’album de bout en bout. Etant acteur, Gérard Depardieu donne une interprétation plus théâtrale des textes de Barbara. Certains morceaux sont ainsi plus joués que chantés. Petite particularité sur cet enregistrement, on retrouve au piano Gérard Daguerre qui fut l'arrangeur de Barbara au cours de sa carrière. Et sachez que bientôt vous pourrez écouter le spectacle Lily Passion, un enregistrement qui n’existait pas jusqu’à maintenant et qui est enfin édité en CD. Les deux amis seront à nouveau réunis le temps d’une écoute.

 

Elles et Barbara

En ce qui concerne les hommages musicaux, nous terminerons par deux nouveautés coup de coeur. Tout d’abord l’album Elles & Barbara qui réunit des voix féminines uniquement, de la scène française actuelle (Juliette Armanet, Jeanne Cherhal, Louane, Nolwenn Leroy…), mais aussi une voix d’actrice (Virginie Ledoyen), une voix jazzy (Melody Gardot), une voix lyrique (Julie Fuchs) et bien d’autres encore. La palette est donc large, et les arrangements aussi : tous différents et vraiment intéressants. Et puis ce qui est vraiment bien vu sur cet album, c’est la correspondance  qui existe entre le choix de la chanson et le choix de l’interprète, comme une complicité, un jeu avec la personnalité de chacune.

 
La deuxième nouveauté (bientôt dans nos bacs) est l’album qui s’intitule tout simplement Barbara, avec pour chef d’orchestre le grand pianiste Alexandre Tharaud. Ici, c’est le piano, instrument au centre de la vie de l’artiste, qui lui rend en partie hommage. Alexandre Tharaud, par moment, nous livre des moments purement musicaux de son interprétation, ce qui permet d’avoir une écoute diversifiée. Là aussi, au chant, on retrouve des invités de marque issus d’horizons musicaux variés : des chanteurs et chanteuses bien sûr, à nouveau des comédiens, des musiciens de jazz et de classique. Comme pour l’album de Depardieu, on notera la présence d’un des musiciens de Barbara, celui qui fut son accordéoniste, Roland Romanelli, au talent incroyable. Ces deux derniers albums sont vraiment  complémentaires et sont de très belles réussites !

 

 

 

 

Barbara à l’écran

 

On peut supposer que l’idée de concevoir un biopic sur Barbara a dû traverser l’esprit de nombreux réalisateurs. Apparemment l’actrice Jeanne Balibar s’est souvent vu offrir le rôle, notamment pour sa ressemblance physique frappante avec la chanteuse. A de nombreuses reprises elle a décliné les propositions jusqu’à ce que Mathieu Amalric lui présente la sienne. Certainement est-ce la forme prise par ce film hommage, loin des constructions classiques de biopics, qui l’a séduite. Pour avoir vu ce film en salle, il est vrai que l’originalité du scénario est incontestable. Barbara y est évoquée au travers d’une mise en abyme cinématographique : on suit non pas Barbara elle-même mais l’actrice qui doit l’incarner dans un film et donc on suit également les coulisses de la réalisation de ce long métrage. Mais, encore plus original, ces instants de tournage sont émaillés de documents d’archives ainsi que de la voix même de Barbara (morceaux de chansons ou d’interviews). Ces enregistrements sonores et visuels, souvent plutôt courts, se fondent dans l’intrigue : Mathieu Amalric les glisse dans la fiction, procède à des sortes de fondus enchaînés sonores. La frontière entre le documentaire et la fiction s’amincit et devient à peine discernable.  Cet aspect fait de son film un véritable coup de maître et, pour le coup, rend un très bel hommage à la personnalité de Barbara.

 
Ce long métrage vient de sortir en salle, il faudra donc attendre quelques mois avant de pouvoir le découvrir, mais nous ne manquerons pas de le commander !

 

 

En attendant, il est possible de revoir sur scène « la grande dame brune » grâce au DVD documentaire Barbara au Châtelet. Pour tous ceux qui n’ont pas eu le privilège de la voir en vrai, ce film permet de se rendre un peu mieux compte de l’incroyable présence qu’elle pouvait dégager et de l’émotion qu’elle pouvait susciter auprès de son public. Autre possibilité, emprunter Discorama, pour la retrouver cette fois en interview avec Denise Glazer. C’est un régal d’écouter ces deux femmes qui étaient très proches et très complices.

 

 

 

Barbara entre les pages des livres

 

Pour celle qui sBarbara - Notre plus belle histoireavait être si sensible dans les textes de ses chansons, il semblait incontournable de vous laisser quelques références de livres la concernant. Il y a tout d’abord, si on veut aller vers le plus intime, la possibilité de lire ses mémoires Il était un piano noir : mémoires interrompues ; on peut également la découvrir du point de vue du chroniqueur du Masque et la plume de France Inter, Jérôme Garcin, avec Barbara claire de nuit.

 

 

Mais nous avons aussi de belles nouveautés à vous proposer. La première, un grand coup de coeur pour moi, est le dernier livre écrit par Kéthévane Davrichewy, Barbara : notre plus belle histoire d'amour aux éditions Tallandier. Au-delà du contenu passionnant, l’écriture de Kéthévane est empreinte de sensibilité, une écriture à l’image de Barbara. Dans ce récit personnel, elle nous confie comment les chansons de Barbara l’ont accompagnée et l’accompagnent encore. Elle parsème son histoire de nombreux témoignages (acteurs, réalisateurs, musiciens... et bien d’autres encore), chacun de ces témoignages mettant l’accent sur la place, voire le rôle crucial, qu’a pu avoir la voix de Barbara dans leurs parcours de vie. Car c’est la force de cette dernière qui, au travers de chansons très personnelles, nous parle, évoque des images, fait naître des émotions, donne l’envie de transmettre ses textes à nos proches et nous accompagne dans nos existences. Ce qui est très beau, au milieu de toutes ces impressions rapportées, c’est la façon dont Kéthévane Davrichewy entremêle les témoignages avec les paroles des chansons, créant ainsi une imbrication qui met encore plus en valeur cette fusion qui peut exister entre nous, individus, et cette artiste disparue.

 
Autre nouveauté, bientôt dans nos rayons, la réédition du livre Barbara ou les parenthèses, une biographie écrite par son ami Jacques Tournier. Ce livre est celui dont s’est inspiré Mathieu Amalric pour réaliser son dernier film.

 

 

Barbara à la Philharmonie de Paris

Exposition Barbara

 

Du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018, la Philharmonie de Paris célèbre Barbara au travers d’une grande exposition. Cette exposition aussi bien visuelle que sonore réunit une foultitude de documents dont certains sont d’une grande rareté et donc présentés au public pour la première fois. Ainsi, pour ceux qui auront l’occasion d’aller à Paris, vous pourrez y découvrir des photographies moins connues, des textes manuscrits (dont celui de la chanson Nantes), des enregistrements de répondeur, des archives audiovisuelles, des dessins de Luc Simon, des documents de travail (fournis par Marie Chaix, sa secrétaire), des costumes de scène, l’examen de scène que passa Barbara à la SACEM.

 

En toute fin d’exposition, telle une malle au trésor, se trouve sa « fly case », un grand coffre de voyage qui l’accompagnait dans ses concerts et renfermait costumes, maquillage, plumes... une sorte de petite loge portative. La commissaire de cette exposition est Clémentine Déroudille, petite-fille de Robert Doisneau, qui avait été précédemment commissaire de l’exposition  Brassens ou la liberté ; pour celle-ci elle s’est à nouveau entourée d’Antoine Fontaine et Christian Marti pour la mise en scène. Elle a privilégié une narration chronologique et elle a pris pour fil rouge et conducteur le tissu velours des rideaux de scène, scène qui était si chère à cette grande dame du spectacle. En plus de tout ce qui est exposé, le programme des animations à la Philharmonie est assez époustouflant. Même si la plupart des événements a déjà eu lieu, en voici une petite liste pour vous donner un ordre d’idées : des concerts bien sûr, des spectacles, des rencontres, des conférences, des projections... Quand on est passionné par un artiste, à la Philharmonie de Paris, on a de quoi se régaler !

 

 

Le petit plus pour compléter le tout…


Des émissions de radio autour du personnage de Barbara il y en a eu et il y en a encore à foison... Alors, pour n’en sélectionner qu’une, une toute fraîche, toute récente, qui agrémentera ce qui a été dit plus haut, allez sur le site de France Culture pour réécouter l’émission Continent musique du samedi 21 octobre 2017. Elle mêle la voix de Barbara à celle de plusieurs invités dont Valérie Lehoux, Alexandre Tharaud, Clémentine Deroudille, Gérard Daguerre…