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La chanson québécoise francophone

 

Jusqu'au début du XXe siècle, la chanson québécoise était essentiellement issue du répertoire traditionnel, fruit d’influences françaises et irlandaises, la culture amérindienne ayant été très vite bâillonnée par les colons. Ces influences étaient tellement ancrées que nombre de chants folkloriques oubliés en France persistaient au Québec, sous des formes plus ou moins fidèles. De tradition orale, elle faisait l’objet de « veillées rustiques » dans des salles dédiées à cette diffusion au début du XXe siècle.

 

La Bolduc (Mary Travers)Apparaissent dans les années 30 les premières « chansons d’auteurs », telles qu’en composait La Bolduc (Mary Travers). Grande figure de la chanson folklorique, elle chantait la réalité québécoise, mais toujours dans des compositions marquées par la musique traditionnelle, en particulier irlandaise et écossaise.

 

A la même époque, plusieurs artistes pratiquent la chanson sur fond de Country Western du voisin américain, mais toujours, donc, sous influence étrangère.

 

Il faut attendre les années 50 pour assister à la naissance de la chanson québécoise, grâce à Félix LeclercFélix Leclerc, auteur compositeur et interprète très critiqué à ses débuts, mais qui, grâce à Jacques Canetti, « découvreur » également de Georges Brassens, entamera une carrière internationale aujourd’hui encore reconnue dans le monde de la chanson (Brel disait « Félix Leclerc m’ayant ouvert la voie, je l’ai suivi... »). A l’instar d’un Brassens, celui que l’on considère comme le père de la chanson québécoise, ce poète chansonnier propose une oeuvre épurée, très poétique, attachée au pays. Il sera la figure de proue d’une génération dont la production deviendra symbole de l’identité québécoise.

 

Dans ses pas grandiront en effet les Gilles Vigneault (Mon pays), Raymond Lévesque (Quand les hommes vivront d’amour), Jean-Pierre Ferland et tant d’autres. Ce sera l’âge d’or des chansonniers.

 

Robert Charlebois

La chanson va bientôt traverser une période, influencée par la musique Yéyé ou blues venue des Etats-Unis, qui verra émerger des artistes dont la carrière sera courte et peu remarquée. Ils sont d’ailleurs inconnus en France, où nous avons notre lot de ce genre musical à cette époque…

 

C’est également la période où les deux Diane : Dufresne et Tell, porteuses d’un féminisme « hippie », utiliseront le courant blues dans leurs chansons (J’ai rencontré l’homme de ma vie, Si j’étais un homme).

 

Mais la vraie révolution viendra au début des années 70 par la voix de Robert Charlebois qui, vivant dans la grande ville de Montréal où le métissage est très présent, arrosera généreusement le public de ses compositions pop-rock, originales, multiculturelles, psychédéliques. Robert Charlebois est un adepte du " joual ".

 

D’autres s’en inspireront pour faire évoluer le courant folk, comme Plume Latraverse ou encore Fabienne Thibault.

 

Là encore, nombre de ces chanteurs seront reconnus en France.

 

Dans cette mouvance, des groupes de rock progressif verront le jour, tels que Beau DommageBeau Dommage (La complainte du phoque en Alaska), Harmonium, les Seguin…

 

Les années 80, outre la fulgurance du succès de Céline Dion, seront marquées par la création de l’opéra Rock à très grand succès Starmania, par Luc Plamondon et Michel Berger. Cela permettra à certains interprètes de traverser l’Atlantique : Claude Dubois (Le blues du Businessman) Fabienne Thibault (Le monde est stone, Les uns contre les autres) ; et Plamondon au premier chef sera dès lors très apprécié pour la création de toute une série de comédies musicales qui feront leur chemin en France et dans le monde entier (Notre-dame de Paris, La légende de Jimmy…). Leurs interprètes s’y retrouveront également, à l’instar d’Isabelle Boulay ou encore Garou.

 

 

 

En l’espace d’un siècle, la chanson québécoise, successivement marquée par des genres musicaux multiples, a su se construire une identité propre à travers la musique à texte, et s’émanciper d’une emprise étrangère omniprésente.

 

Les incontournables :

                         

Pour aller plus loin :

 

La chanson québécoise en question