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Manga, manhwa, manhua, lianhuanhua, manfra ou franga : quelle différence ?

 

Si vous êtes peu familiers de l’univers de la bande dessinée, tous ces termes risquent fort de vous sembler jargonneux voire compliqués.

Pourtant, que l'on parle de manga, de manhwa, de manhua, de lianhuanhua même, ou encore plus récemment de manfra ou franga, tous ces mots désignent au final la même chose : la bande dessinée venue d'Asie. Ce qui les différencie ? Leur pays d'origine. Afin d’y voir un peu plus clair, vous trouverez ci-dessous une petite présentation de chaque genre, accompagnée de titres et auteurs représentatifs.

 

- LE MANGA désigne ainsi la bande dessinée japonaise.

Les mangas, que l’on ne présente plus, sont pour la plupart réalisés en noir et blanc et se lisent généralement dans leur sens d'origine, de droite à gauche. L'histoire se déclinant le plus souvent en série, les techniques de dessin et de narration sont particulières. Le découpage temporel, par exemple, se rapproche énormément de celui du cinéma, avec l'utilisation de cadrages similaires. De nombreux codes graphiques sont également propres au manga (personnages aux grands yeux, exagération dans l'expression des émotions et des attitudes, utilisation massive d’onomatopées etc). Le dessinateur de manga s'appelle un mangaka.

 

Des titres phares ? Akira bien sûr, de Katsuhiro Otomo qui a fait connaître le manga aux Français, mais aussi One Piece, Dragon Ball, Naruto, Monster, Death Note, FullMetal Alchemist et tant d'autres...

 

Akira One Piece Naruto Dragon Ball Death Note

 


Fullmetal alchemist Focus sur la série Fullmetal Alchemist de Hiromu Arakawa : Edward et Alphonse sont deux frères maîtrisant le mystérieux pouvoir de l’alchimie. Mais en essayant de ressusciter leur mère emportée par la maladie, ils commettent l’irréparable en bravant la loi qui interdit formellement la transmutation humaine. Ils en paieront lourdement les conséquences.

Edward se retrouve amputé d’une jambe et d’un bras, tous deux remplacés par des membres artificiels, et Alphonse voit son corps complet transmuté dans une armure géante, seule son âme survit. Abandonnant l’impossible tâche de faire revivre leur mère, les deux frères partent à la recherche de la pierre philosophale dans le but de retrouver leurs corps perdus. Même s’ils doivent pour cela faire d’énormes sacrifices…

 

Un shonen écrit par une femme… c’est assez rare pour le remarquer ! Fullmetal Alchemist, en français L’alchimiste d’acier, est en effet un manga d’Hiromu Arakawa (née en 1973 au Japon), qui a réussi à réaliser cette série au long cours (vingt-sept tomes à ce jour) sans que le lecteur ne s’ennuie une seule seconde. Le scénario est captivant et, malgré le sérieux d’une intrigue parfaitement menée, l’humour y est partout présent. En bref, tout est fait pour maintenir le lecteur sous tension. Une série-phare à ne pas manquer.

 

Et s'il fallait choisir deux auteurs phares ?

 

Osamu Tezuka Osamu Tezuka (1928-1989), forcément, que l'on surnomme au Japon « Le dieu du manga ». Son apport au manga moderne est essentiel. Très influencé par les films d’animation américains, et plus particulièrement par Walt Disney, son dessin est d’ailleurs très reconnaissable par son côté « cartoon » aux traits clairs et généreux. Il influença les plus grands mangaka, tel que Katsuhiro Otomo, l'auteur d'Akira et de Steamboy.

 

Focus sur BlackJackBlackjack, ce classique du manga signé par le grand Osamu Tezuka et réédité en version Deluxe : Blackjack est un chirurgien mystérieux et solitaire défiguré par une longue balafre lui barrant la joue, qui pratique la médecine dans l’illégalité. Doté d’un talent exceptionnel, les gens font appel à lui quand tout espoir a disparu.

 

Ainsi, médecin des causes perdues, Blackjack, tel un super-héros, réussi à réparer les corps atrocement meurtris, mutilés, défigurés, ravagés. Il faut dire que lui-même, jadis, a été sauvé par celui qui allait devenir son maître : Honma Jôtarô, à qui il doit la vie. « Quand on t’a amené en salle d’opération, tu n’avais plus ni crâne, ni visage, ni bras, ni jambes, ni viscères, tout était réduit en charpie. Tout le monde te croyait mort… J’ai tenté le tout pour le tout… Et tu as survécu, par miracle. (…). Je me suis dit que les médecins étaient des surhommes ! ».

Devenu lui-même médecin de génie, Blackjack saura soulever à chaque nouveau cas la question éthique de la valeur de la vie.

 

Osamu Tezuka, qui a mis beaucoup de lui-même dans le personnage de Blackjack (l’auteur est médecin de formation), a d’ailleurs déclaré : « Ce que j'ai cherché à exprimer dans mes oeuvres tient tout entier dans le message suivant : aimez toutes les créatures ! Aimez tout ce qui est vivant ».

Astro Boy La vie de Bouddha Le Roi Léo Princesse Saphir

 

Jirô Taniguchi (1947-2017) est lui aussi un maître du genre. Considéré comme le plus européen des auteurs de manga, son dessin, bien que caractéristique du manga, est cependant assez proche de la bande dessinée européenne. Ses histoires, tout en émotion et sensibilité, ont permis à de nombreux lecteurs de découvrir le genre.

Jirô Taniguchi

 

Focus sur la série SetSeton on : le naturaliste qui voyage signée Jiro Taniguchi, qui nous raconte des tranches de vie d'Ernest Thompson Seton, célèbre naturaliste américain de la fin du XIXe siècle, qui écrivit de nombreuses histoires romancées autour de la nature qu'il aimait tant. Jiro Taniguchi est un grand amoureux de la nature.

 

Nombre de ses œuvres en constituent d'ailleurs un vibrant hommage : il suffit de penser à L’homme qui marche, Le sommet des dieux, Sky Hawk, L’homme de la toundra ou encore Blanco, une série déjà tirée des récits du naturaliste Ernest T. Seton. Dans chacune de ses histoires, Taniguchi dénonce la fourberie ainsi que la cruauté humaine face à la majestueuse et innocente nature.

 

Qui, finalement, de l’homme ou de l’animal, est le plus sauvage ? L’homme est-il le propriétaire de la nature ou doit-il en être un simple et humble occupant ? Sans ménagement, Taniguchi nous met face aux travers de notre arrogante humanité et nous montre une nature grandiose qu’il faut à tout prix protéger.

 

Des idées finalement très simples, mais mises en image avec une telle délicatesse propre au dessin inégalable de Taniguchi, que l’on se laisse emporter avec bonheur par cet appel des grands espaces, cet hymne à la nature sauvage. Jiro Taniguchi est définitivement un auteur de génie à la sensibilité exceptionnelle.

 

L'Homme qui marche Quartier Lointain  Le Sommet des dieux  Le Journal de mon père Un zoo en hiver

 

 

- LE MANHWA désigne la bande dessinée coréenne.

 

Le manhwa possède ses propres codes graphiques, mais en France il reste assez méconnu et est souvent assimilé au manga japonais. Il est vrai que certains titres sont très proches du manga, telle la série Jackals placée sous le signe de l'action pure. Mais les styles sont très variés, voire opposés. La preuve ci-dessous.

Des titres phares ?

 

HHistoire couleur terreistoire couleur terre de Kim Dong-Hwa, une trilogieFleur

 relatant les émois amoureux d'une mère et de sa fille au fil d'une existence simple, dans une Corée rurale et traditionnelle. De la poésie à l’état pur.

 

Mais aussi Fleur de Park Kun-Woong : un manhwa en 3 tomes réalisé selon la technique de l'estampe, qui livre une histoire bouleversante, intense et grave sur fond de guerre de Corée.

 

A écouter sur le site de l'INA, Cyril Sauvageot fait une critique élogieuse de Fleur et nous livre une interview de son auteur, Park Kun-Woong.

 

 

Ou encore LLe visiteur du Sude visiteur du sud : le journal de monsieur Oh en Corée du Nord de Yeong-Jin Oh. Technicien sud-coréen du bâtiment, l'auteur est envoyé sur un chantier nord-coréen pour installer des canalisations.

Il raconte le manque de moyens, l'organisation rigide de la vie quotidienne, les discussions politiques, des échanges parfois si tortueux qu'ils en deviennent comiques, etc.

Des points communs entre les deux Corée se laissent finalement entrevoir.

 

Un manhwa qui a reçu le Prix Asie-ACBD en 2008 (Japan expo).

 

Deux auteurs phares ?

 

Kim Dong-HwaIncontestablement Kim Dong-Hwa (né en 1950), avec son univers très poétique et épuré, proche de la contemplation. Avec la douceur de ses histoires, il est considéré comme l'un des plus talentueux auteurs de manhwa en Corée.

 

Park Kun-Woong (né en 1972), quant à lui, est l'un des grands espoirs de la jeune génération.

 

 

- LE MANHUA désigne lui, la bande dessinée chinoise.

 

On appelle un dessinateur de manhua, un manhuajia. Il possède ses propres codes graphiques, le dessin y est souvent très réaliste avec de nombreux dessins en pleine page.

Contrairement au manga, beaucoup de manhua sont réalisés en couleurs. Il se lit de gauche à droite, dans le sens de lecture occidental. La BD chinoise est extrêmement riche avec des inspirations venant des comics, de la BD européenne et des mangas japonais. Le lectorat français a découvert le manhua avec Remember de Benjamin, publié chez Xiao Pan en 2006.

 

Des titres phares ?

 

RememberRemember de Benjamin, qui narre les turpitudes d'un auteur de bande dessinée en Chine.

 

L'avis de Planète BD à propos de Remember : « (…) Une excellente entrée en matière dans la BD chinoise. (…) Les personnages sont charismatiques et très humains : bourrés de défauts comme de qualités, on les aime et les déteste à tour de rôle. Quant aux graphismes, ils sont simplement époustouflants. On est loin de ce à quoi on est habitué dans les manga. Benjamin est présenté comme un virtuose du dessin sur ordinateur et, au vu de ce premier ouvrage, on veut bien le croire ».

 

Mais aussi La balade de Yaya de Golo Zhao, qui plonge le lecteur en 1937 en pleine guerre de Chine, et qui raconte le quotidien de deux enfants qui vont se lier d'amitié, alors que tout semblait les séparer : Yaya, la fille d'un riche commerçant chinois, et Tuduo, un gamin des rues.

 

 

La Balade de Yaya

Shanghai, novembre 1937. L'armée impériale japonaise poursuit son invasion de la Chine et lance l'assaut sur la " Perle de l'Orient ". Héritière d'une riche famille de commerçants, la toute jeune Yaya n'en fait qu'à sa tête. Mais la guerre l'arrache brutalement à ses rêves de princesse.

 

 

Ou encore UnUne vie chinoisee vie chinoise de Li Kunwu, une trilogie autobiographique racontant la Révolution culturelle chinoise à l'ère de Mao Zedong, vécue par Li, un jeune cadre communiste, sa femme et son fils.

 

Des auteurs phares ?

 

Benjamin (né en 1972). Il fait partie de la nouvelle génération d'auteurs. Avec son style singulier, c'est grâce à lui que l'on a découvert le manhua en France.

 

Golo Zhao (né en 1984), l'auteur de La balade de Yaya qu'il a créée avec le scénariste français Jean-Marie Omont. Un manhua qui a connu un succès retentissant en France et qui fut maintes fois primé.

 

Au bord de l'eau

 

 
Au risque de vous embrouiller l'esprit, il y a aussi le lianhuanhua, qui est à distinguer du manhua. Il s'agit de la bande dessinée traditionnelle chinoise. La série Au bord de l'eau de Mitsuteru Yokohama en est un bel exemple.

 

 

- Et LE MANFRA ou FRANGA alors ?

 

Ces termes, apparus en 2005, désignent une bande dessinée créée par des auteurs francophones, mais d'inspiration asiatique, telle l'excellente série Dreamland de son auteur Renaud Lemaire. Les codes et les styles du manga japonais y sont repris.

 

 

 

         
 Dreamland Celle que je... Maliki R Pink Diary
         

 

Et pour finir, Focus sur la série Last Man de Bastien Vivès, Yves Balak et Michaël Sanlaville :

L'histoire : Dans la Vallée des Rois, monde où la magie est une réalité connue, on prépare le grand tournoi annuel, parrainé par le roi et la reine. Après avoir travaillé toute l'année à l'école de combat de Maître Jansen, le jeune Adrian Velba va enfin pouvoir participer lui aussi. Malheureusement, le partenaire d'Adrian tombe subitement malade et fait défection.

Comme il s'agit d'un tournoi en duo, le jeune garçon se trouve contraint d'abandonner son rêve... à moins que Richard Aldana, grand costaud aux manières rudes sorti de nulle part, ne vienne s'allier in extremis à Adrian. Pépite BD-manga 2013 (Salon jeunesse de Montreuil).

 

 

Utopiales 2013 : L'interview de Balak (et aussi de Michael Sanlaville et Bastien Vivès) | 9emeArt.fr

Ne manquez pas la critique de Lastman Tome 3 ! C'est lors des Utopiales 2013 que nous avons enfin eu l'honneur de rencontrer Balak, Michael Sanlaville et Bastien Vivès, le temps ...

 

 

L'avis de BD Gest' (www.bdgest.com) : « Un dessin dépouillé qui va à l’essentiel, un découpage très efficace... tout est fait pour que ce manga à la française, sans scènes inutiles, soit une réussite. (...). Il aura fallu presque un quart de siècle depuis Akira pour que la jeune génération s’approprie réellement les codes du manga. Exit les nez en trompette et les grands yeux en goutte. Avec Lastman (…), les petits Français assument leurs influences asiatiques sans complexe et, loin de faire des plagiats en couleurs, créent des univers à la fois très riches et très personnels ».

 

La série fait partie de la bédéthèque idéale de Télérama ! 

 

 

BD : "Lastman", un manga à la française de Vivès, Balak et Sanlaville

Clairement inspiré de "Dragon Ball", ce manga collectif efficace et amusant fait partie de la bédéthèque idéale de Télérama.fr. Chaque semaine, la rédaction de Télérama.fr pioche parmi ses bandes dessinées préférées du moment, et demande à un auteur de commenter trois de ses planches.

 

 

Vous l'aurez compris, la bande dessinée asiatique est riche de sa diversité. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges. Alors rendez-vous à la Médiathèque pour de belles découvertes.