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La Boxe au Cinéma

 

Quand le noble art (la boxe anglaise) rencontre le 7ème art (le cinéma) des étincelles se créent, qu'elles soient bonnes où mauvaises. Tout d'abord, ils naquirent dans la dernière décennie du XIXème siècle et ces deux disciplines partagent donc une longue histoire commune.

 

Rarement un sport aura été autant célébré et décrié sur grand écran ; la boxe a exercé une réelle fascination sur le septième art.

 

C’est le sport par excellence, celui qui met en scène le corps avec le plus de violence et qui offre un terrain fertile à de formidables histoires de chute, de succès et de rédemption.

 

 

 

 

Le Black Maria de Thomas EdisonL’histoire du noble art filmé commence le 14 juin 1894 à Orange, New Jersey, dans « Black Maria », qui est le surnom donné par les employés de Thomas Edison au premier studio de l'histoire du cinéma. Ce dernier y testa son kinétoscope à l’occasion d’un combat entre Michael Léonard et Jack Cushing. Cent vingt trois ans plus tard, la boxe reste le sport le plus représenté à l’écran.

 

Charlot et Fatty dans le ring (The Knockout) Beaucoup d’acteurs se sont initiés au noble art, et les citer tous me prendrait au moins 12 rounds. Vingt ans après Thomas Edison, Charlie Chaplin s’essaiera à la boxe en tant qu’arbitre dans le film Charlot et Fatty dans le ring (The Knockout) de Charles Avery sorti le 4 juin 1914. 

 

Dans ce film, Cyclone Flynn, un célèbre boxeur, doit faire une exhibition et affronte tous ceux qui veulent tenter leur chance. Le voyou Al décide de présenter Pug (Fatty) comme challenger et de partager la prime. Il parvient à convaincre ce dernier d'aller s'inscrire.

 

Mais une fois sur le ring, le combat de rue n'a rien à voir avec le Noble Art et Cyclone Flynn démolit consciencieusement Pug. Sonné et hors de lui, ce dernier se saisit de deux revolvers et entame une course poursuite avec le boxeur professionnel…

 

Par la suite, toujours dans cette thématique, Charlie Chaplin réalisera en 1915 un film sur le thème de la boxe, Charlot boxeur (The Champion). Il sera sur le ring comme en 1914, mais en tant que boxeur cette fois-ci.

 

Pour se faire un peu d'argent, Charlot entre dans une salle d’entraînement de boxe pour se proposer comme partenaire d'entraînement d'un champion. Au rythme où le champion épuise ses partenaires, le vagabond en vient vite à regretter son audace.

 

Le film se décompose en trois parties : l'entraînement du champion, l'entraînement du vagabond devenu challenger, et le match de boxe. Les scènes d'entraînement cumulent jonglerie et numéros d'acrobates, et le duel final est très chorégraphié.

 

La séquence du match de boxe dans Les Lumières de la ville (City Lights) de 1931, un autre film de Charlie Chaplin, doit d'ailleurs beaucoup à ce court-métrage dont elle s'inspire en grande partie.

 

Les Lumières de la ville (City Lights)

 

 

Avec Charlot la boxe reste une comédie burlesque, mais des films plus sérieux existent.

Du coup, je me pose cette question : qu’est-ce qui justifie un tel engouement pour filmer ce sport brutal, violent, surhumain, dangereux, où la gloire se dispute en permanence à la chute ?

Montons sur le ring, sans en venir aux mains, afin de vous parler des trois films marquants qui m’ont incité à vous présenter cette thématique.

Commençons par le dernier film que j'ai vu, La rage au ventre d’Antoine Fuqua avec l’excellent Jake Gyllenhaal.

 

 

La rage au ventre | Médiathèque Jean Ferrat

Aide Pour trouver un livre, une revue, un film... vous pouvez rechercher un titre, un auteur, un éditeur, un sujet, une collection... Recherche d'une expression : vous pouvez utiliser des guillemets autour de vos termes de recherche Exemple : "Seconde guerre mondiale".

C'est l'histoire d'un boxeur au sommet de sa gloire qui perd tout après l'accident mortel de sa femme. C'est une descente en enfer (alcool, drogue, violence) avec, au final, la perte de la garde de sa fille unique prise par les services sociaux. Comme il est écrit sur la jaquette du dvd « Son plus grand combat se joue hors du ring ».

 

Marchant sur la voie de la rédemption, il regagnera la garde de sa fille. Ne dit-on pas que « L'amour d'une fille pour son père n'a pas de prix.» ?

 

On peut souligner l'interprétation choc de Jake Gyllenhaal qui tient le film au bout de ses gants et qui n'hésite pas à donner de sa personne. C’est un acteur polymorphe : pour acquérir un physique de boxeur, il s'est soumis à un entraînement intensif qui impliquait plus de 2 heures de sport chaque jour pendant 5 mois. L'acteur prend 7 kilos de masse musculaire pour ce film.

 

 

Million dollar baby

 

Mais la gent féminine n’est pas en reste non plus comme vous allez pouvoir le constater.

 

Million Dollar Baby est un film américain réalisé par Clint Eastwood en 2004.

 

En 2005 le film reçoit plusieurs récompenses dont 4 Oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur actrice pour Hilary Swank et meilleur second rôle pour Morgan Freeman), et 2 Golden Globes. Au vu du film, toutes ces récompenses sont méritées.

Une vrai réussite, un film à voir où à revoir.

 

Rejeté depuis longtemps par sa fille, l'entraîneur Frankie Dunn s'est replié sur lui-même et vit un désert affectif, en évitant toute relation qui pourrait accroître sa douleur et sa culpabilité.

 

Le jour où Maggie Fitzgerald, 31 ans, pousse la porte de son gymnase à la recherche d'un coach, elle n'amène pas seulement avec elle sa jeunesse et sa force, mais aussi une histoire jalonnée d'épreuves et une exigence, vitale et urgente : monter sur le ring.

 

Entraînée par Frankie, elle pourra enfin concrétiser le rêve d'une vie.

 

 

 

 

Traversons maintenant l’Atlantique, pour retrouver le destin d’une autre femme avec le film français de Bourlem Guerdjou librement adapté d’une histoire vraie.

 

DaDanbé, la tête haute nbé, la tête haute c’est l’histoire d’Aya Cissoko, née de parents maliens, qui a grandit à Ménilmontant et a subi plusieurs drames familiaux à l’âge de 8 ans : le décès de son père et de sa sœur en 1986 dans un incendie criminel, puis le décès de son frère onze mois plus tard.

 

Ces événements tragiques vont terriblement marquer la petite Aya. Commence alors pour la petite fille un long cheminement au cours duquel elle va devoir se construire, avec la douleur qui ne trouve pas les mots, la rage qu’il faut retenir et l’envie de vivre malgré tout.

 

Têtue, acharnée, le combat chevillé au corps, Aya choisit, très jeune, malgré la désapprobation de sa mère, de pratiquer la boxe.

Sur le ring, elle peut cogner, se blesser, saigner, inscrire dans sa chair la souffrance qu’on ne l’autorise pas à dire.

 

En 1999 et 2003, elle est sacrée championne du monde amateur de boxe française, puis de boxe anglaise en 2006. A mes yeux, ce film résume à lui seul la force, le courage et l’abnégation qui sont nécessaires pour pratiquer la boxe que l’on soit un homme ou une femme.

 

 

 

 

Olli Mäki

 

De la France continuons notre périple vers la Finlande...

 

Toujours adapté d’une histoire vrai, Olli Mäki est un film dramatique réalisé par Juho Kuosmanen en 2016.

 

Le film raconte la vie du boxeur finlandais Olli Mäki qui se retrouve à concourir au titre de champion du monde dans la catégorie poids plume face au boxeur américain Davey Moore.

 

Problèmes : Olli Mäki a quelques kilos à perdre et il se sent beaucoup moins combatif depuis sa rencontre avec Raija, une relation amoureuse pas forcement au goût de l’entraîneur.

 

Ce film en noir et blanc a reçu le prix "Un certain regard" au festival de Cannes en 2016.

 

 

 

 

 

 

Terminons par une nouveauté de l’année qui sera bientôt dans nos rayons, un film de Marco Martins : Saint Georges. C’est l’histoire de Jorge, boxeur fauché dans un Portugal en pleine crise économique qui se démène pour subsister et élever son petit garçon, au fond d’un quartier pauvre de Lisbonne. Il met ses muscles au service d’une société de recouvrement pour jouer les gros bras afin d’intimider les plus récalcitrants... Poignant et terrible !

 

 

 

 

Au travers de cette sélection, on se rend compte que la boxe permet d’aborder bien d’autres sujets. Alors, même si la boxe à priori n’est pas votre sujet de prédilection, il n’empêche que certains de ces parcours de vie ne manqueront pas de vous toucher autant qu’ils ont pu m’émouvoir !

 

 

La médiathèque vous propose aussi :

                

 

 

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