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Va y'avoir du sport !

 

Selon une injonction récurrente de nos magazines préférés en cette période de l'année, l'été est propice aux « remises en forme » en tout genre. Histoire de rentrer avec grâce dans son maillot de bain pour les uns ou de « désintoxiquer » son corps pour les autres…

 

Entre deux joggings, trois brassées rafraîchissantes et quatre coups de pédale si vous êtes (donc) adepte du triathlon, je vous invite à vous poser devant votre écran. Savourez alors un repos bien mérité mais aussi de bons moments cinématographiques avec ces œuvres choisies dans nos rayons…

 

Histoires de sport, histoires de sociétés

 

La seconde moitié du 20ème a été marquée par quelques grandes lignes de force : la rivalité est-ouest, l'émancipation des femmes, la valorisation de l'individu. Retrouvez tout cela dans deux films assez récents, salués par la critique :

 

La guerre froide est au cœur de Red Army. De Brejnev à Poutine, sur cinq décennies marquées par les bouleversements, suivez l'histoire de l'équipe nationale soviétique de hockey sur glace à travers le destin de ses joueurs vedettes. Cinq “étoiles” de cette “Armée rouge” que travail, talent et sens du collectif porteront au sommet mais à quel prix ?

 

La narration se révèle prenante et parfois même émouvante. Autre bonne raison de voir ce film : la richesse du propos évoquant un système totalitaire vu de l'intérieur, des amitiés, choix individuels et destins aux prises avec la “grande Histoire”, le coaching ou comment extraire d’un sportif (ou pas) le meilleur de lui-même…

La mise en scène joue agréablement la carte de l'ironie et réussit l'exploit de nous faire saisir l'essentiel de la tactique russe (aussi subtile qu'efficace) même si l’on ne connaît rien au hockey !

 

 

Passons à l'Ouest et du collectif à l'individuel avec Free to run. Cette épopée du 'running' révèle les blocages de la société américaine du début des années 60, tout le chemin parcouru (au sens propre comme au figuré !) par les femmes pour s'émanciper et par les athlètes amateurs pour faire reconnaître leur sport.

 

Le montage de témoignages et d'images d’archives, soutenu par une très bonne illustration musicale, est classique. Mais il est redoutablement efficace pour faire éprouver au spectateur cette évidence : la course sur route, avant de devenir phénomène mondial et enjeu commercial, est avant tout désirs d'accomplissement personnel, de liberté et de nature.

Et à voir quelques uns des pionniers, emplis d'une vitalité si communicative à plus de 70 ans, on se lancerait presque !

 

 

Passons à une figure sportive emblématique de son époque, celle de Muhamad Ali. When we were kings suit un moment particulier de sa carrière : le combat qui l’opposa en 1974 à Georges Foreman, sur la terre africaine. Un match d’une grande charge symbolique, un choc de titans, un film impressionniste, empli d’énergie et de musique. L’évènement s’était en effet accompagné des concerts de BB King et de James Brown notamment.

 

Le réalisateur Leon Gast évoque la condition des noirs américains, le Zaïre sous la dictature Mobutu et laisse toute la place au corps agile et au verbe haut du boxeur vedette. Nous saisissons alors sans peine ce qui faisait la spécificité et le charme de ce personnage hors du commun...

 

 

Encore un peu de boxe et de société US avec Boxing Gym. Wiseman, documentariste américain incontournable, nous plonge au coeur d'une salle de quartier à Austin : tout un petit concentré d'Amérique. Qui parierai que passer 1h30 à l'entraînement avec filles et garçons, vieux et jeunes, maigres et gros, amateurs et professionnels se révèlerait si captivant ?

 

Il faut tout le talent de ce grand du cinéma direct, maîtrisant l'art du montage à la perfection. Son précédent film traitait de danse classique : étonnamment, nous n'en sommes pas bien éloignés. C'est un film du mouvement, du corps et du rythme : celui qui doit être acquis en premier quand on commence la discipline. Pas de commentaires et surtout pas de musique : les coups, les respirations, les gongs des 'rounds' (l'unité de temps, du lieu) sont la bande sonore.

L’endroit n'est pas grand mais nous ne finissons pas d’en faire le tour et le film nous apprend une chose : la vrai violence n'est pas entre ces murs mais bien à l'extérieur…

 

 

Dans la foulée, regardez donc Un coeUn cœur gros comme çaur gros comme ça, véritable capsule temporelle de la société française des années 60. François Reichenbach suit Abdoulaye Faye, boxeur sénégalais débarquant à Paris en vue d'un combat. Son intéressante mise en scène mêle caméra cachée et séquences poétiques, Abdoulaye illustrant les images par ses pensées et réflexions en voix-off.

 

Un documentaire primé à l’époque, esquissant le portrait touchant d’un jeune homme amoureux de Michèle Morgan, découvrant la capitale et son brouillard, estimant avec philosophie que « la défaite est sœur de la victoire ».

 

Un film certes déjà ancien, mais qui se laisse voir avec un réel plaisir et dont les musiques sont signées Ferré, Piaf, Michel Legrand et Georges Delerue !

 

Encore un petit effort ! 

 

Les récits autour des champions ou de ceux qui cherchent à le devenir convoquent le dépassement de soi, le mouvement existentiel entre échecs et réussites et gageons qu'ils feront vibrer votre sensibilité…

 

Alors commençons par Takuya, modeste apprenti sumo plutôt gringalet, ce qui n'est pas un atout, vous vous en doutez…

 

Le désir familial le pousse à tenter de se surpasser pour rejoindre les rangs des « dieux vivants ». Tu sera sumo est le délicat portrait d'un adolescent sur le chemin de la connaissance de soi, aux prises avec le choix d'une vie radicalement à part, entre modernité et tradition.

La belle réalisation de Jill Coulon, immersion façon 'journal de bord' dans le quotidien d'une écurie tokyoïte offre un point de vue unique sur ce « sport » érigé au rang de rituel.

 

 

Allons à la rencontre d'autres hommes, un peu plus aguerris cette fois, en quête d'un exploit impossible : la conquête d'un sommet inviolé de l'Himalaya. Meru nous plonge, de façon exceptionnelle, dans les coulisses de l'exploit car ici, les opérateurs sont les alpinistes eux-mêmes !

 

D'où des images assez impressionnantes : imaginez un peu ce que cela signifie d'être pris dans une avalanche ou bien de dormir et manger à plus de 6600 mètres d'altitude, à la verticale d'une paroi, dans un portaledge balayé par une tempête de neige… Non, n'imaginez plus : vivez-le par ce film aux multiples rebondissements !

 

Même si les réalisateurs abusent quelque peu d'effets visuels, les aventures de ces increvables sisyphes, surmontant les difficultés par la seule force de leur volonté, maîtrisant prise de risque comme contrôle de soi, forcent le respect.

 

 

Si vous avez pris le virus des films d'escalade, je ne peux que vous recommander ce billet de Marie-Laure

 

Finissons sur une note d’avenir avec l'eSport, un sport d'un genre nouveau et à priori bien moins physique (du moins en apparence comme vous l’apprendrez...).

 

Le sport électronique désigne des compétitions de jeux vidéo en réseau. Il existe depuis la fin des années 90 mais ne s'est largement professionnalisé qu’à partir du milieu des années 2000. Arte lui a consacré une série documentaires de 10 mini-épisodes : « L' eSport fait vivre ». Une excellente introduction au domaine qui présente un panorama très clair et plutôt complet des enjeux de cette discipline hybride, générant tout de même en France en 2016 un revenu estimé à 22,4 millions de dollars américains...

 

 

Pour aller plus loin :